« L’Ouvert », un endroit qu’il faut fouler avec prudence ; interface de l’inconscience. Un lieu où le passeur guide les cheminants, d’un point d’observation à l’autre. Mais pour observer quoi, observer qui ?


Sur ce chemin initiatique où la ligne droite est bannie, il ne s’agit pas d’aller vite ; car ici rien ne presse. C’est sa propre respiration, son sentiment le plus intime, sa pensée qui rythme le pas ; trouver la bonne allure pour que l’attention soit fine et apte à déceler comment L’Ouvert réagit à notre intrusion.


La difficulté consiste dans le choix de l’itinéraire, car on ne peut jamais prendre le même chemin. Il n’y a aucune carte qui précise comment accéder à cet espace sacré, baigné de mystère, que l’on nomme « La Chambre ».


Ce qui de l’extérieur pourrait donner à penser que c’est un « blockhaus » est en fin de compte un lieu de fécondation. Pénétrer dans cette pièce c’est se donner la possibilité d’accéder à son désir le plus cher…lui donner vie…au risque de ne pas être à la hauteur de ce que nous portons de plus précieux au centre de notre Âme, de reculer…
 

Car franchir le seuil, faire ce pas au-delà du connu, se rendre visible à l’autre face de nous-même et porter le regard sur notre intériorité est un acte courageux, vertigineux. Seul face à l’abîme de ce que nous ne sommes pas encore, que ferons-nous ? Réminiscence d’une chute originelle qui rappelle notre errance dans ce périple de réincarné.


Le passeur, prend le risque de se perdre lui aussi, en accompagnant l’itinérant, jusqu’à la frontière de ce lieu où le « Je » s’exprime. Et c’est toujours avec beaucoup de tristesse et de désolation qu’il constate que le voyageur ne franchit pas toujours ce seuil « d’accomplissement ».


Le thérapeute, tel un passeur, se charge d’accompagner le patient, la personne dans la zone du non-sensible. Traversée de l’inconscient jusqu’à ce lieu secret et inviolable, résidence du « Je ». Chambre où son désir le plus intime, le plus spirituel, sa mission de vie palpite. Seuil que seul l’Autre peut franchir, en s’allégeant du superflu ; laisser le renoncement en périphérie pour accéder, assumer son individualité au centre…
 

Libre propos inspiré du film « Stalker » d’Andreï Arsenievitch Tarkovski

Pierre-Yves Querroué

PSYCHOPRATICIEN

Accompagnant vers le sens de la vie

Thérapie individuelle, de couple et familiale

06 30 83 27 55